Asservi au profit de la personne qui s’oppose à sa responsabilité parentale
Lorsque notre responsabilité parentale est formulée comme un simple devoir de pension alimentaire, assorti de droits de visite et d’hébergement réduits, il y a pour le moins un déséquilibre des droits et responsabilités de chaque parent.
Le déséquilibre consistant à demander à un parent de verser une pension alimentaire n’est correct que si l’un des parents se déclare indisponible pour s’occuper personnellement de ses enfants. Dans les autres cas, il n’est acceptable à titre de compromis, que pour une période limitée, jusqu’à ce que l’un des parents demande l’inversion des rôles. Il peut s’agir d’une forme d’alternance de la résidence utilisable notamment lorsque les parents ne peuvent assumer une résidence alternée plus régulière, pour des raisons pratiques ou morales.
Dans les situations où les deux parents ne seraient pas en mesure d’assumer de la même manière leur contribution à l’entretien de l’enfant, il serait sage que le plus fortuné soit plus responsabilisé sur la prise en charge directe de certaines dépenses pour son enfant (dépenses liées à la scolarité, aux loisirs, aux transports notamment). Dans les situations conflictuelles notamment cela maintiendrait un lien direct entre le parent payeur éloigné et l’environnement de son enfant. Cela garantirait aussi que l’argent versé soit effectivement utilisé pour l’enfant et non pour les besoins personnels de l’autre parent.
Il arrive que le déséquilibre soit durable malgré nos demandes de le réajuster ou de l’inverser après quelques années. Ces rééquilibrages sont nécessaires afin que globalement, sur la durée de l’enfance et de l’adolescence, chaque parent puisse exercer sa responsabilité parentale. Les rejets de ces demandes transforment des déséquilibres temporaire en injustices consolidées.
Il arrive aussi que le paiement d’une pension soit démesuré et/ou reste exigé quelles que soient les difficultés que nous pouvons rencontrer. Il arrive même que ce soit au détriment de nos autres enfants.
Il arrive aussi, c’est en fait toujours le cas, que nous n’avons pas de droit de regard sur l’utilisation qui est faite de notre contribution financière, contrairement à tout principe de saine gestion (des contrôles existent sur la gestion de nos impôts, et nous pouvons changer de responsables à chaque élection si nous sommes en désaccord avec leur gestion)
Il arrive aussi, dans les situations conflictuelles, que l’autre parent à qui ce déséquilibre bénéficie s’oppose par divers moyens (demandes de restrictions de droits de visites, dénigrements, déménagements etc) à ce que nous puissions nous occuper de nos enfants et nous dénie tout droit de regard sur leur éducation.
Toutes ces circonstances peuvent intervenir individuellement ou ensemble. Elles transforment un déséquilibre temporaire, compromis nécessaire à l’organisation de la vie en injustice consolidée et aggravée. Alors la notion de notre responsabilité parentale perd son sens et se transforme, dans les faits, en asservissement au profit de l’autre parent.
Accusé d’"abandon de famille" tout en étant empêché d’assumer notre responsabilité parentale
Cette logique de l’absurde peut même amener un parent à être pénalement accusé "d’abandon de famille" pour n’avoir pas correctement payé sa pension alimentaire, alors même que sa demande de pouvoir assumer personnellement sa responsabilité parentale lui a été refusée. Nous disons qu’aucune personne ou institution qui fait obstacle, d’une manière ou d’une autre, à un parent voulant assumer sa responsabilité, ne peut reprocher à ce parent de manquer à cette responsabilité.
Une condamnation d’abandon de famille prononcée contre un parent à qui on n’offre pas la possibilité de prendre en charge personnellement l’ensemble des besoins de ses enfants est un non sens et une injustice.
Punis pour avoir demandé s’occuper de nos enfants
Quand nous souhaitons être en mesure de mieux nous occuper de nos enfants, nous pouvons être amenés à faire une demande visant à obtenir la résidence principale de l’enfant à notre domicile, une résidence alternée, l’élargissement des temps de la résidence alternée ou des droits de visite et d’hébergement. Ces demandes sont la meilleure façon de vouloir assumer sa responsabilité parentale, surtout pour ceux qui ne bébéficient que d’une résidence secondaire ou de droits de visites et d’hébergements limités.
Il arrive que non seulement nos demandes de parents responsables soient rejetées et que, de surcroit, nous soyions condamnés par le biais des dépens, ou de l’article 700 du nouveau code de procédure civile, à prendre en charge les frais engagés par notre adversaire pour nous maintenir éloignés de nos enfants. C’est un acte de répression efficace, durement ressenti par ceux qui en sont victimes. Il décourage bien des parents de vouloir s’investir dans l’éducation de leurs enfants, et elle anéantit les ressources de ceux qui veulent persister à le demander.
Réprimer ainsi l’acte même de la demande pour un parent qui souhaite prendre mieux ses responsabilité vis à vis de ses enfants revient à dire : non seulement on te refusera durablement d’exercer ta responsabilité de parent, et tu devras payer pour que quelqu’un d’autre ait ce privilège à ta place, mais en plus, gare à toi si tu oses demander à ce que cela change, on te le fera payer cher.
A ce niveau là, ce n’est plus de l’injustice, c’est de la tyrannie. Ce n’est hélas pas exceptionnel !